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Images aléatoires

  • Catane - Sicile
  • Champs de blé - Sicile
  • Porte de Palerme - 1583
  • Cervera - Catalogne
  • Château de Bellver - Palma

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Bonjour !

Je suis l'auteur de deux livres d'histoire du pays Catalan :

Raconte-moi les Catalans : des origines à nos jours (y compris Perpignan et Barcelone). Naissance du pays catalan,  expansion, arts, organisation politique, traité des Pyrénées, époque contemporaine, etc. Deux volumes dans un coffret cartonné de format A4 (464 pages et plus de 400 photos couleurs).

Raconte-moi les rois de Mallorca : 1276-1344. Ce royaume n'a duré que 68 ans, cependant il a secondé les souverains de Barcelone pour réaliser les conquêtes de la Sicile, de la Grèce et de la Sardaigne. En architecture, ils nous ont laissé un patrimoine magnifique encore en place aujourd'hui. Deux volumes dans un coffret cartonné format A4 (444 pages et plus de 500 photos couleurs)

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Jean Villanove.

 

 

 

 

Le nouveau livre de Jean Villanove, un roman intitulé "La Goutte de Vie".

Dans une écriture directe et vivante, il vous offre un genre de roman où s'enchevêtrent aventure, histoire et spirualité. Vous n'en sortirez pas indemne.

Et si tout cela était vrai ?


 

« Avec Jean Villanove, lorsque l’imagination prend le pouvoir, c’est mai 68 à chaque page… Une œuvre plongée dans les mystères d’un Da Vinci Code, ressurgie de l’eau sur la baguette d’Harry Potter et replongée dans des péripéties que n’aurait pas reniées un Alexandre Dumas auquel un Jules Verne aurait rempli l’encrier. » (Michel Lloubes - L’Indépendant)

Lundi 5 février 2007
Pendant ce temps en Sicile…
Après avoir inauguré son bâton d’amiral à Malte et à Gozo, Roger de Lloria va lancer une ambitieuse expédition. Au mois de mai 1284, la reine Constança, toujours à Messine, apprend que Charles I° organise une nouvelle armée pour reprendre la Sicile. Le danger ne peut pas venir du sud de la Calabre qui reste pro-catalane. La reine ordonne de préparer une armée et une flotte. Avant le départ pour l’expédition de Naples, alors que l’escadre catalane de trente-quatre galères est prête, la reine Constança s’avance sur la plage et s’adresse à Roger de Lloria entouré de ses capitaines de galères. Le chroniqueur Bernat Desclot rapporte ses paroles :
«Ami Roger, tu sais bien que je t’ai nourri quand tu étais petit, que mon Seigneur le roi d’Aragó t’a nourri et t’a beaucoup aimé ; il t’a fait beaucoup de bien, t’a grandement honoré et t’a fait amiral de son armée car il a en toi une grande confiance et il sait que tu es loyal, vaillant et vertueux. Maintenant, il faut que tu le sois car moi, mes enfants et tous mes gens sommes sous la protection de Dieu et sous la tienne.»
La revue des forces catalanes se déroule autour de la petite île de Stromboli, au nord de la Sicile. Puis, la flotte catalano-sicilienne se dirige vers Capri, où elle fait une halte. Là, juste en face, c’est le port de Naples où s’entassent les galères du roi Charles I°. La flotte est commandée par son fils de trente ans, le prince Charles, surnommé Charles le Boiteux.
Alors, Roger de Lloria, réunit ses capitaines de galères, leur expose son plan. Si les chroniqueurs ne sont pas d’accord sur les effectifs de chaque camp (nombre de galères et d’hommes en armes), ils reconnaissent tous le génie tactique de Roger. Ce 5 juin 1284, la flotte française est battue, de nombreux bateaux sont pris, et surtout le prince est fait prisonnier avec d’autres nobles de haut rang. Naples est à deux pas maintenant. Que faire de Charles? Les Siciliens veulent l’exécuter pour venger la mort de Manfred et de Conradí. Mais Roger de Lloria propose un autre marché : la vie du prince en échange de la libération de Béatrice, détenue par le camp français.

A suivre lundi prochain...
Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
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Lundi 29 janvier 2007
Et là, cher lecteur, nous assistons à une situation incroyable : un royaume chrétien lance une croisade contre un autre royaume chrétien !
Le 11 juin 1284, à Paris, lors d’une cérémonie religieuse grandiose, Charles de Valois, âgé de quatorze ans, est couronné roi d’Aragó, de València et comte de Barcelona. Désormais, les dés sont jetés. Combien de temps mettront les troupes françaises avant d’apercevoir les premières maisons de Salses ?
En attendant, le roi Pere n’a pas la mémoire courte ; il se souvient que les chevaliers français, aidés des Navarrais, avaient saccagé quelques villages de la frontière d’Aragó. Aussi en septembre 1284, il envoie en représailles ses almogavares piller quelques terres de Navarre. Il sait maintenant qu’une croisade est dirigée contre lui, aussi, laisse-t-il entière liberté aux almogavares pour répandre une véritable terreur. Ce qui veut tout dire quand on connaît leur férocité naturelle. Voilà donc le camp français prévenu.
Profondément hanté par les heures tragiques qui s’annoncent, Pere el Gran éprouve le besoin d’aller se recueillir sur la tombe de Pere I° el Catòlic, son grand-père. Le destin de Pere I°, tué à Muret en 1213, alors qu’il défendait son domaine des attaques du roi de France, a toujours attendri et exalté ses descendants. En ce 17 mars 1285, j’imagine le roi Pere el Gran, agenouillé devant l’imposant et rustique sarcophage de son grand-père. Je crois l’entendre murmurer quelques paroles : « Soixante-dix ans après Muret, la Catalunya va-t-elle subir le même sort que l’Occitanie ? »

A suivre lundi prochain...
Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
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Lundi 22 janvier 2007
Alors, cher lecteur, vous sentez bien qu’il se passe quelque chose en sous-main.
Effectivement, Jaume II est déjà en train de préparer un accord secret avec Philippe le Hardi. Le roi de France, en personne, fait une tournée en Occitanie pour décider les seigneurs à le suivre. Jaume II connaît fort bien Philippe : c’est son beau-frère. C’est ainsi que le 17 août 1283, à Carcassonne même, le roi de Mallorca s’engage, par un traité à aider le roi de France ; il promet de lui livrer les passages des montagnes, à lui remettre les places fortes et même à lui fournir ses propres soldats.
Le 18 août, revoilà les deux rois à Palairac, dans les Fenouillèdes que Philippe le Hardi découvre : il est à quelques pas du Rosselló. Le 23, les deux rois sont à Toulouse. Ils se rendent à Montpeller le 9 octobre où, à la demande de Jaume II, Philippe III accorde des simplifications sur la justice de ses sujets concernant Montpelleret.
Le 27 août 1283, convaincu d’avoir bien préparé son affaire, le roi de France fait dire au pape qu’il est disposé à faire la conquête de la Couronne de Catalunya, d’Aragó et de València. Le 20 février 1284, à Paris, le roi Philippe le Hardi préside une assemblée de barons et de gens d’église pour délibérer des dernières propositions du pape Martin IV. Le représentant du pape, le cardinal Cholet, est favorable à une intervention militaire française. Deux jours plus tard, après avis de la majorité de cette assemblée, Philippe le Hardi donne son accord; ce sera son deuxième fils, Charles de Valois, qui coiffera la Couronne de Catalunya-Aragó. Précisons que Charles de Valois est le deuxième fils du roi de France et d’Isabel «la catalane», soeur donc des deux rois catalans Jaume et Pere. Cette croisade sera financée par un impôt, la décime, perçu sur tous les diocèses du royaume de France.

A suivre lundi prochain...
Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
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Lundi 15 janvier 2007
L’étau se resserre.
Mais un danger menace, mille fois plus grave cette fois : le risque de guerre avec le royaume de France. Alors, Pere el Gran convoque les Corts Catalanes, l’Assemblée des députés; provenant du royaume de Mallorca, y assistent Arnau de Cortsaví et Bernat Hug de Cabrenys. Dès la fin de la session, Pere el Gran désire rencontrer son frère Jaume II de Mallorca. Leur discussion a lieu à Girona. Les deux rois s’enferment dans une pièce et parlent en tête à tête tout l’après-midi. Ils ont probablement évoqué les risques que courait le royaume de Mallorca, et notamment le Rosselló, qui serait aux premières loges en cas de conflit direct avec la France. Jaume II doit-il s’allier à son frère ? Doit-il rester neutre ? Doit-il s’allier avec Philippe le Hardi, le roi de France ? Car, s’il y a accord avec la France, et dans le cas où elle l’emporterait, Jaume II conserverait alors son royaume de Mallorca. Cependant, il faut savoir que Pere II étant excommunié, le Saint-Père avait déclaré que les vassaux se trouvaient libérés de toutes leurs obligations. Cela signifie que Jaume II est délié de son serment et il peut, s’il le désire, reprendre son indépendance.
De retour à Barcelona, Pere n’est pas pleinement satisfait de la réponse de son frère ; peu de temps après, le 20 juillet 1283, il dépêche une délégation à Perpinyà pour lui remettre une lettre officielle où il demande une réponse écrite. Les deux ambassadeurs Simon de Girundella, chevalier, et Ramon de Toylano, juge à la cour royale, sont reçus dignement au château royal par Jaume II de Mallorca entouré de son conseil : Guillem de Canet, Pons de Guàrdia, Ramon abbé d’Arles, Jaume de Muredine, viguier du Rosselló, etc. Les ambassadeurs rappellent au roi de Mallorca que le roi de France fera probablement la guerre à Pere II ; ils sont là pour s’assurer que Jaume II restera fidèle à son frère et ils comptent sur son soutien militaire. Le roi de Mallorca écoute attentivement et demande un temps de réflexion avant de donner sa réponse.

A suivre lundi prochain...
Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
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Lundi 8 janvier 2007
Plus une minute à perdre. C’est par un autre chemin, toujours guidé par Domingo de la Figuera, que le roi et son équipe, s’en retournent en terre catalane. Ils passent cette fois, plus au sud, par la Castille. Bien sûr, il a déjà envoyé une lettre au groupe de cent chevaliers catalans pour qu’ils rebroussent chemin.
Et maintenant, cher lecteur essoufflé, vous vous demandez comment va réagir le camp français ?
Dans le camp français, on pensait avoir préparé un plan sans faille et on réagit violemment en apprenant la nouvelle. Des cavaliers s’élancent vers Bordeaux pour emprisonner le sénéchal ; si l’on en croit Neocastro, l’un des nombreux chroniqueurs qui ont raconté ce fameux défi de Bordeaux, Pere el Gran avait offert au sénéchal son écu, son heaume, son épée et sa lance : aux yeux des Français, il était complice ! Dès que les citoyens de Bordeaux apprennent que le sénéchal est retenu prisonnier, ils descendent dans les rues, les armes à la main; sous la menace de troubles incontrôlables, les Français relâchent le sénéchal. Cependant, aidés par les Navarrais, ils vont se lancer dans des représailles ; on va brûler quelques villages aragonais proches de la frontière.
Peu de temps après, les copies de l’acte rédigé par le notaire font le tour des Cours européennes. De quoi alimenter les conversations de salon, honorer ou maudire Pere el Gran, suivant le camp !

A suivre lundi prochain...
Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
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