Présentation

Images aléatoires

  • Les arcades - Perpignan
  • Bataille des Iles Formigues
  • Anges musiciens - Elne
  • Signature de Pierre III (1319-1387)
  • Alphonse le Magnanime (1396-1458)

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Bonjour !

Je suis l'auteur de deux livres d'histoire du pays Catalan :

Raconte-moi les Catalans : des origines à nos jours (y compris Perpignan et Barcelone). Naissance du pays catalan,  expansion, arts, organisation politique, traité des Pyrénées, époque contemporaine, etc. Deux volumes dans un coffret cartonné de format A4 (464 pages et plus de 400 photos couleurs).

Raconte-moi les rois de Mallorca : 1276-1344. Ce royaume n'a duré que 68 ans, cependant il a secondé les souverains de Barcelone pour réaliser les conquêtes de la Sicile, de la Grèce et de la Sardaigne. En architecture, ils nous ont laissé un patrimoine magnifique encore en place aujourd'hui. Deux volumes dans un coffret cartonné format A4 (444 pages et plus de 500 photos couleurs)

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Jean Villanove.

 

 

 

 

Le nouveau livre de Jean Villanove, un roman intitulé "La Goutte de Vie".

Dans une écriture directe et vivante, il vous offre un genre de roman où s'enchevêtrent aventure, histoire et spirualité. Vous n'en sortirez pas indemne.

Et si tout cela était vrai ?


 

« Avec Jean Villanove, lorsque l’imagination prend le pouvoir, c’est mai 68 à chaque page… Une œuvre plongée dans les mystères d’un Da Vinci Code, ressurgie de l’eau sur la baguette d’Harry Potter et replongée dans des péripéties que n’aurait pas reniées un Alexandre Dumas auquel un Jules Verne aurait rempli l’encrier. » (Michel Lloubes - L’Indépendant)

Jeudi 4 janvier 2007
Bon any a tothom !!!

Voilà donc la situation exposée. Le jeune Alfons reste alors suspendu aux lèvres de son père. Que va-t-il faire ? Pour le roi tout paraît limpide. Il élabore immédiatement un autre plan, audacieux quoique risqué, un plan qui lui ressemble. Suivons-le.
Voilà donc comment se déroule l’affaire. Pere II se fait accompagner seulement par trois chevaliers : Blasc d’Alagó majordome du roi, Conrad Llança  mestre racional et Bernat de Peratallada son écuyer. Le guide Domingo de la Figuera, qui est choisi, connaît parfaitement chemins et traverses de tout le pays. Ensuite, le roi fait préparer vingt-sept chevaux prévus pour les relais à l’aller et pour les relais au retour, mais par un trajet différent. Puis, il distribue les rôles : Domingo de la Figuera s’habille en riche marchand, avec un chapeau et des gants ; le roi porte des habits de telle sorte qu’il puisse être pris pour le majordome de ce riche voyageur ; les trois autres cavaliers mettent des vêtements de pauvres écuyers. Et le groupe s’élance.
Après avoir chevauché longuement, voilà notre équipe à Bordeaux, en milieu d’après-midi du 31 mai. Or, quelque temps auparavant, des Catalans étaient arrivés dans la ville. Quelques-uns vont chercher Jean d’Agrilly, le sénéchal de Bordeaux ; on le prie de se rendre au camp des joutes car, lui dit-on, « un messager apporte une missive du roi Pere II ; il va vous remettre, en mains propres, une lettre cachetée. »
C’est donc au camp des joutes, là où doit se dérouler le combat le lendemain, que le messager demande au sénéchal s’il peut garantir la sécurité du roi et de ses cent chevaliers. La réponse du sénéchal est catégorique : « Non ! je ne peux pas garantir la sécurité ! » Alors, le sénéchal voit avec étonnement le majordome du riche marchand partir au galop, faire le tour du camp des joutes, brandissant son épée avec dextérité, sa lance avec maîtrise, son bouclier avec hardiesse, sous l’admiration des hommes présents. Après avoir fait le tour du camp, le cavalier majordome s’approche de Jean d’Agrilly et soulève son capuchon ! Surprise, ébahissement, effroi : le sénéchal reconnaît Pere el Gran, le roi catalan. Il lui rappelle les dangers qu’il court en restant, ici, à Bordeaux, sous la menace du roi de France et de mille hommes ! Aussitôt, un notaire enregistre officiellement la présence du roi catalan. «Pendant que le notaire dresse son acte, raconte Ramon Muntaner, Pere el Gran s’approche de la chapelle et descend de son cheval; il fait la prière à Dieu, récite les oraisons qui doivent être dites en cette circonstance; et il loue et bénit Dieu de ce qu’il l’avait conduit, ce jour-là, de manière à remplir son serment ».

A suivre lundi prochain...
Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
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Lundi 25 décembre 2006

Le défi de Bordeaux.

Alors, que Pere el Gran s’éloigne de la Sicile, il peut faire, sous la voile de son bateau, le bilan de ces quelques mois. Il avait quitté les côtes catalanes le 6 juin 1282 et, en ces premiers jours de mai 1283, l’île de la Sicile est passée dans le Casal de Barcelona, peut-être même la Calabre tout entière ; ajoutons les îles de Malte, de Gozo et de Pantelleria. C’est vraiment prodigieux d’avoir vaincu des armées si fortes tant sur terre que sur mer. Pere el Gran est conscient d’avoir brisé le rêve de Charles qui projetait de conquérir l’Empire de Byzance.

Voilà ce que pense probablement le roi alors que son bateau, accompagné de galères, vogue vers la terre catalane. Mais, un vent violent contraire l’oblige à passer dans une galère et c’est à force de rames que le roi débarque en Sardaigne proche du port de Caller. On s’accorde un peu de repos et on reprend rapidement la mer. Une forte tramontane entêtée les pousse inexorablement vers les côtes africaines. Après un jour et demi d’efforts, ce sont enfin les côtes de l’île de Menorca. Finalement, Pere débarque à Cullera, au sud de València, dans la nuit du 16 mai : dix jours d’un voyage interminable ! Il reste tout juste deux semaines avant le «desafiament de Bordeus».

Pendant ce temps, le primogènit Alfons avait convoqué les meilleurs chevaliers de Catalunya et d’Aragó qui devaient participer au combat et ceux qui seraient en réserve. Il a retenu les plus grandes familles de la noblesse. Le premier des six champions est roussillonnais, le vicomte Guillem de Castellnou, qui commandera le groupe ; il est unanimement reconnu comme étant le meilleur chevalier du pays catalan ; puis, on aperçoit le vicomte de Cardona ; enfin, ce sont les nobles Cartellà, Pinós, Entença, Centelles, Cervelló, Anglesola, Montcada ; du côté aragonais, on reconnaît les nobles Urrea, Cornel, Alagó, Vidaure, Luna, Antilló, Ayerbe, Ferrandis. Alfons a prévu les vivres, le matériel, l’itinéraire et les relais dans les villes. Bref, la préparation est excellente.

Or, le roi était attendu à Barcelona ; à cause de la tramontane, il a débarqué près de València ; faut-il modifier le trajet du voyage vers Bordeaux ? Pere et son fils Alfons se rencontrent entre le 24 et le 26 mai, à Tarassona, proche de Saragossa, en Aragó. Alfons lui expose la situation. Et là, le roi Pere va de surprise en surprise. Il apprend que le roi Charles a quitté la Sicile depuis un mois pour s’entendre avec le roi de France dans le but de tendre un piège au roi catalan. Certes, le camp français a trouvé ses cent chevaliers, soixante Français et quarante Provençaux, mais il a été décidé que le roi de France, Philippe III le Hardi, campera à proximité du terrain des joutes avec un millier de d’hommes pour s’emparer de la personne même du roi Pere el Gran ! Le défi chevaleresque de Bordeaux s’est transformé en un guet-apens organisé ! Voyant cela, le roi d’Angleterre, Edouard I°, qui s’était engagé à assurer une totale sécurité et une entière neutralité du camp, refuse son rôle d’arbitre. Le sénéchal de Bordeaux, Jean d’Agrilly, annonce qu’il n’assistera pas à cette joute truquée.

A suivre lundi prochain...

Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
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Lundi 18 décembre 2006

Cependant le pape, poussé par le camp français, devient menaçant ; il n’a pas d’armée, mais son pouvoir est immense. Il avait excommunié le roi le 9 novembre 1282 ; le 21 mars 1283, il met sa menace à exécution et il annonce sa sentence : le roi Pere II, en tant que roi excommunié, ne peut plus régner ; la Couronne de Catalunya-Aragó est désormais disponible et sera attribuée à celui qui voudra la conquérir. Pour le pape, Pere el Gran n’est plus roi : ni de Sicile, ni de Catalunya-Aragó, ni de València. Qui se sentira assez fort pour le faire ?

Tout cela n’empêche pas les troupes catalanes de remporter une autre victoire à Salerne, le 6 avril. Autre bonne nouvelle pour le roi : son épouse la reine Constança et ses enfants Jaume, Frederic et Violant, qui étaient restés à Barcelona, ne vont pas tarder à le rejoindre en Sicile. Pere el Gran, quelque temps auparavant, avait demandé à Ramon Marquet et Berenguer Mayol d’armer plusieurs vaisseaux et galères, de quitter la Sicile, d’aller à Barcelona, afin d’amener la reine Constança et ses enfants. Seul Alfons, primogènit, l’héritier aîné, resterait à Barcelona. Constança et ses enfants débarquent sans problème à Trapani, à la mi-avril 1283. En fait, toujours très occupé par l’affaire sicilienne, Pere el Gran ne passera que trois ou quatre jours, en tête à tête, avec son épouse. Juste le temps de convoquer un parlement et de couronner Constança, reine de Sicile.

Le temps passe. Pere n’a désormais qu’un seul mois, le mois de mai, pour rejoindre Barcelona, rassembler cent chevaliers, préparer son voyage à Bordeaux pour le défi. Il offre le bâton d’amiral, des armées sur terre et sur mer, à Roger de Lloria : la carrière de ce militaire sera éblouissante !

A suivre lundi prochain...

Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
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Lundi 11 décembre 2006

La main mise des Catalans sur le secteur n’est pas terminée. Peu de temps après, Manfred Llança occupe l’île de Malte. La flotte de Charles, largement renforcée, tente de reprendre cette île. Mais, avec la nomination du nouvel amiral Roger de Lloria, les affaires vont être rondement menées ; après une longue journée de poursuites et de batailles, la flotte de Charles est encore battue le 8 juin 1283. C’est la première victoire de Roger de Lloria en tant qu’amiral. Les îles de Malte et de Gozzo passent sous la couronne du roi catalan.

En Calabre, les populations attendent le roi comme un libérateur. Il faut dire que Pere el Gran s’était montré bon prince : il avait libéré quatre mille prisonniers après les avoir habillés proprement et nourris grassement ! C’était, soyez-en persuadé, d’excellents avocats de propagande. Aussi, les multiples lettres qu’il envoie dans le sud de l’Italie où il annonce qu’il va s’installer dans le royaume de Naples, remportent un vif succès. Même la république de Pise, qui avait combattu aux côtés de Charles, demande à rester neutre. L’horizon est vraiment sombre pour Charles !

De son côté, le pape avait vu venir le danger. Déjà, le 9 novembre 1282, Martin IV avait excommunié le roi catalan et il le menaçait de le déposséder de tous ses biens. Quant au vaincu, Charles I°, il accuse le roi Pere II de déloyauté pour avoir pénétré en terre sicilienne sans respecter les règles de la chevalerie ; selon lui, Pere II aurait dû, auparavant, lancer un défi à Charles. Alors l’esprit chevaleresque du roi catalan apparaît au grand jour : le défi est lancé. Les conditions sont signées à la fin décembre 1282. Avant six mois, cent chevaliers français et cent chevaliers catalans devront combattre face à face dans une ville neutre; on choisit Bordeaux, car, à cette époque, la ville appartient au roi d’Angleterre. L’acte du défi annonce bien que si l’un des deux rois, Pere ou Charles, n’apparaît pas aux joutes prévues le premier juin 1283, il sera tenu perpétuellement comme « parjure, faux, traite, infidèle, infâme ».

Cher lecteur, comme moi, vous vous posez des questions. Est-ce prudent pour le roi Pere II, de quitter la Sicile en cette période brûlante, délicate, décisive pour l’avenir du Pays Catalan ? Imaginons le pire ! S’il est tué, que deviendra la Sicile catalane ?

En attendant ce mois de juin prochain, Pere el Gran ne reste pas inactif. Avec ses conseillers et ses espions, il prépare, en janvier 1283, une opération militaire pour occuper le port de Catona ; Catona, proche de Reggio en Calabre, est la résidence du comte d’Alençon (frère du roi de France et neveu de Charles I°) qui est arrivé avec des renforts français. Pere el Gran élabore le plan qui sera respecté à la lettre. Tout commence une nuit ; les almogavares sont transportés en silence à Catona, en trois voyages de galères, au cœur même des terres ennemies. Ils visent, et c’est prioritaire, la garnison de trois cents chevaliers qui constituent la garde personnelle du comte d’Alençon. L’attaque est lancée : le comte et ses chevaliers périssent tous sous les coups des almogavares. Ailleurs, dans les autres combats, la victoire est totale. Et encore, on amasse le butin que l’on ramène en Sicile. Ce 18 janvier 1283 marque une nouvelle victoire pour Pere el Gran. Au mois de février, le souverain catalan en personne passe en Calabre, va de ville en ville ; il est accueilli comme un libérateur. Même à Naples, on commence à considérer sérieusement la venue du roi.

A suivre lundi prochain...

Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
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Lundi 4 décembre 2006

Et une bataille navale gigantesque est annoncée pour le 16 octobre 1282. D’un côté la flotte immense de Charles I° avec quarante-huit galères et autres vaisseaux provenant de Naples, Marseille, Pise et Gênes. Le roi Pere el Gran, psychologue et fin stratège, donne des ordres : « mettez les quatorze galères, que nous avons ici, sous le commandement du noble En Pere de Queralt et du vice-amiral En Cortada ; qu’ils poursuivent cette flotte et qu’ils l’attaquent. En face, ce sont des gens qui ont déjà le cœur abattu ; c’est d’ailleurs un mélange de beaucoup de nations diverses, qui s’accordent mal. Soyez assuré que ces vaisseaux ne se tiendront pas unis, et qu’ils seront vaincus. »

Et le roi décide de n’envoyer que quatorze galères catalanes face aux quarante-huit vaisseaux de Charles. Cependant, vue du côté français, la tactique catalane est inattendue. Que se passe-t-il donc ? Au lieu de craindre la bataille, puisqu’ils sont moins nombreux, voilà que des centaines d’almogavares poussent une clameur effrayante au-dessus des eaux : « Desperta Ferro ! Desperta Ferro ! Desperta ! » Epées réveillez-vous ! Et ils se dirigent vigoureusement vers l’immense escadre ennemie. Les prédictions de Pere el Gran vont se réaliser . « Que vous dirai-je ? raconte Ramon Muntaner. Nos gens en tuèrent sans nombre, firent plus de six mille prisonniers, et s’emparèrent des galères, llenys armés et barques de Charles. Mais non contents de cela, ils attaquèrent Nicotera, la prirent, et y tuèrent plus de deux cents chevaliers français de l’armée du roi Charles qui y étaient venus. De Nicotera à Messine il n’y a pas plus de trente milles. Tout cela fut fait dans la soirée, et on se livra au repos pendant la nuit ».

Pour les almogavares et la couronne royale, le bénéfice est gigantesque. En plus du butin pris sur les vaisseaux de Charles, il faut ajouter celui récolté à Nicotera, port abandonné par le camp français ; soit quelques dizaines de bateaux de tous tonnages, chargés de vivres, de matériel, d’armes. Cette flotte, est ramenée à Messine le lendemain matin. Le roi est là. Il s’approche de la mer et En Cortada saute à terre et lui dit ces paroles rapportées par Muntaner : «Seigneur, voici nos galères qui vous amènent toutes ces autres-ci que nous avons prises. Nicotera est à nous, et il y a péri plus de deux cents chevaliers français.  A ces mots, le roi descendit de cheval et s’agenouilla. Tout le monde suivit son exemple. Ils commencèrent à entonner tous ensemble le Salve Regina, et bénirent et louèrent Dieu de cette victoire. »

A suivre lundi prochain...

Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
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