Présentation

Images aléatoires

  • Coquille oeuf sur fontaine
  • Alphonse le Magnanime (1396-1458)
  • Victoire de la flotte catalane - 1285
  • Bataille des Iles Formigues
  • Jaume III agenouillé

Publicité

Bonjour !

Je suis l'auteur de deux livres d'histoire du pays Catalan :

Raconte-moi les Catalans : des origines à nos jours (y compris Perpignan et Barcelone). Naissance du pays catalan,  expansion, arts, organisation politique, traité des Pyrénées, époque contemporaine, etc. Deux volumes dans un coffret cartonné de format A4 (464 pages et plus de 400 photos couleurs).

Raconte-moi les rois de Mallorca : 1276-1344. Ce royaume n'a duré que 68 ans, cependant il a secondé les souverains de Barcelone pour réaliser les conquêtes de la Sicile, de la Grèce et de la Sardaigne. En architecture, ils nous ont laissé un patrimoine magnifique encore en place aujourd'hui. Deux volumes dans un coffret cartonné format A4 (444 pages et plus de 500 photos couleurs)

Pour commander votre livre cliquer ici.

 

Jean Villanove.

 

 

 

 

Le nouveau livre de Jean Villanove, un roman intitulé "La Goutte de Vie".

Dans une écriture directe et vivante, il vous offre un genre de roman où s'enchevêtrent aventure, histoire et spirualité. Vous n'en sortirez pas indemne.

Et si tout cela était vrai ?


 

« Avec Jean Villanove, lorsque l’imagination prend le pouvoir, c’est mai 68 à chaque page… Une œuvre plongée dans les mystères d’un Da Vinci Code, ressurgie de l’eau sur la baguette d’Harry Potter et replongée dans des péripéties que n’aurait pas reniées un Alexandre Dumas auquel un Jules Verne aurait rempli l’encrier. » (Michel Lloubes - L’Indépendant)

Lundi 27 novembre 2006

L’histoire de la Méditerranée va-t-elle prendre une nouvelle orientation ? Peut-être, car la décision est prise, Pere II donne l’ordre d’embarquer : direction la Sicile. Il faut trois jours pour que matériel, armement, harnais, chevaux et hommes soient bien en place dans les bateaux. Le roi et son armée débarquent à Trapani le 30 août. Quel accueil lui réserve-t-on ? Ecoutons Ramon Muntaner.

« Le roi se rendit à Palerme ; tous les habitants, vinrent bien quatre lieues au-devant de lui, et on peut dire qu’il n’y eut jamais autant de joie et d’aussi belles fêtes ; et là, avec de grandes processions, des jeux, et l’allégresse des femmes et des enfants, tous accueillirent le roi et l’escortèrent au palais impérial. Tous les gens qui l’accom-pagnaient furent dignement logés. Au moment où le roi y arrivait par terre, la flotte s’y rendit par mer. Lorsque chacun fut satisfait, les prud’hommes de Palerme expédièrent des messagers à toutes les cités, villes et châteaux, et aux syndics de tous les lieux, pour qu’on apportât les clefs et les pleins pouvoirs de chaque endroit, attendu qu’on devait livrer les clefs au roi comme seigneur, lui prêter foi et hommage et le couronner roi et seigneur ; et cela fut fait ainsi. »

Cependant la vision des almogavares débarquant des bateaux catalans, mal vêtus, brûlés par le soleil africain, maigres, poilus et mal rasés, espadrilles aux pieds, rézilles sur la tête, entame la confiance des Siciliens accourus en nombre à Palerme, pour assister au défilé. Mais, comme le proclament en chœur les chroniqueurs Muntaner et Desclot, la preuve sera bientôt faite de l’invincibilité des troupes catalanes. Le choc entre les forces de la Couronne catalane et les troupes françaises de Charles I° est maintenant inévitable. Qui va l’emporter ?

En attendant l’épreuve fatidique, Pere est soutenu par tous les notables de l’île. Le 2 septembre 1282, à Palerme, il coiffe la couronne du roi de Sicile dans l’enthousiasme général. C’est à partir de ce moment extraordinaire que les Catalans donnent au roi le nom de Pere el Gran. Et le tout nouveau roi de Sicile délègue deux ambassadeurs auprès de Charles I° qui assiège Messine : un catalan Pere de Queralt et un aragonais Rois Eiximén de Luna. Leur message est court : Charles est prié de quitter la Sicile. «Est-ce possible ? » doit penser, surpris, le roi Charles qui refuse évidemment. Et la campagne de libération commence.

Sur ordre du roi, deux mille almogavares arrivent à Messine. Ils attendent le soir, pénètrent secrètement dans la ville pour soutenir les assiégés. Après une nuit de repos, on ouvre les portes et les almogavares se précipitent avec leur fougue habituelle sur l’armée de Charles qui, en quelques heures, subit un carnage épouvantable et prend la fuite ; sur leur lancée, les Catalans courent au camp français, à quelques pas de la mer ; là, des bateaux chargés de troupes s’éloignent précipitamment de la côte sicilienne, en direction de Reggio, en Calabre italienne. C’est le 26 septembre. Après la défaite et la fuite des chevaliers et des soldats de Charles, les almogavares pillent le village qui abritait les Français : tentes, armes, vivres, bijoux, monnaies, etc. Bref, les almogavares, nous précise le chroniqueur, «gagnent un argent infini». Il y a moins d’un mois que Pere II a débarqué à Trapani et déjà, Charles I° et ses troupes ont dû quitter le sol sicilien, passer le détroit, pour se regrouper en Calabre. Alors, Charles I°, réorganise ses troupes et rassemble ses bateaux.

A suivre lundi prochain...

Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 20 novembre 2006

Cher lecteur, une question brûle vos lèvres : « Quelle est la situation politique de la Sicile en ce mois de juin 1282 ? » En fait, le roi est bien au courant des affaires siciliennes car Joan de Pròixida avait suivi la chronologie des événements. Que s’est-il donc passé de si important ? Les historiens ont cru longtemps que le roi catalan était à l’origine de la révolte dont je vais vous parler. En fait, et nous le savons aujourd’hui, ce fut une «révolution spontanée» d’un peuple sicilien exaspéré par le despotisme des Français et des représentants de Charles I°. L’incident, qui paraît minime au départ, a conduit aux Vêpres Siciliennes pendant lesquelles sept à huit mille Français, Provençaux pour la plupart, furent égorgés par les Siciliens, sans aide extérieure.

Tout a commencé le 31 mars 1282, jour de Pâques, à l’heure des vêpres, soit deux mois avant le départ de la flotte de Pere II ; flotte, je vous le rappelle, qui s’est éloignée des côtes catalanes début juin. Devant l’église Sant Spirito, dans les environs proches de Palerme, un Français, du nom de Drouet, remarque une belle jeune fille au bras de son fiancé ; il s’approche d’elle, la fouille pour s’assurer qu’elle ne cache aucun poignard, mais, il découvre le sein de la jeune fille et dit le compte-rendu, il le «froissa de sa main». Le fiancé s’indigne, la foule des promeneurs s’assemble, on s’empare de la propre épée de Drouet et on le transperce !

Aussitôt, les Siciliens présents sortent leur poignard et en un instant plus de deux cents Français sont allongés sur le sol. Le cri de «mort aux Français ! », mille fois répété, retentit devant l’église Sant Spirito, se répand dans le faubourg et gagne Palerme ; les cloches annoncent la révolte. L’émeute est tellement soudaine que les soldats français sont tués avec trois mille des leurs : hommes, femmes, enfants, aucun Français n’a échappé à l’insurrection ! Quelques jours plus tard, la révolte se propage à Messine où, au son du tocsin, quatre mille Français perdent la vie ; puis toutes les villes de la Sicile s’enflamment dans cette frénésie de liberté ! En ce mois d’avril 1282, des plaques posées sur les murs annoncent que l’île «s’est libérée des outrages et de l’oppression des Français».

Alors, les élus de Palerme se réunissent proclament la République ; on s’adresse au pape Martin IV pour lui demander protection ; au lieu de cela, le Saint-Père menace d’excommunier les habitants de Palerme. De son côté, Charles I°, qui réside à Naples, est toujours roi de Sicile ; passé le moment de stupéfaction, il rassemble une puissante armée qui se jette sur Messine ; le siège commence le 26 juillet. Cela paraît incroyable, mais la ville résiste ; les femmes, en premier, donnent l’exemple, sous les ordres d’Alaimo de Lentini, chef de la résistance. Alors, les élus des villes réalisent qu’ils ne pourront pas tenir longtemps face aux attaques de Charles I° et ils demandent l’aide à la noblesse sicilienne qui a la science des armes ; car, pour l’instant, elle observait les événements. C’est seulement à ce moment-là, lors de la mission de Pere de Queralt, que les Siciliens font appel au roi Pere II qui se trouve sur les côtes tunisiennes.

A suivre lundi prochain...

Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 13 novembre 2006

Alors, Pere dévoile une partie de son projet : envoyer une mission diplomatique auprès du pape Martin IV à Rome. Pour cela, il recherche, autour de ses proches, le noble catalan le plus apte à remplir une mission des plus délicates. Il faut que ce soit un homme d’une grande expérience militaire et aussi d’une bonne culture générale, capable de s’adresser dignement à sa sainteté le pape et à un ensemble de prélats de haut niveau. Le roi choisit le vicomte du Vallespir, Guillem de Castellnou. Il lui demande de se rendre à Rome et, devant le pape et son conseil, Guillem annoncera que Pere II, souverain de la Couronne de Catalunya-Aragó, se trouve actuellement en terre africaine ; il expliquera, qu’avec l’aide morale et financière du Saint-Père, le roi s’engage à fonder un royaume chrétien en Afrique du nord.

Et voilà donc Guillem de Castellnou, à la tête de deux galères, qui s’éloigne d’Al-Coll pour Rome.

Les galères font un arrêt en Sicile. Descend alors à terre, Pere de Queralt qui va, lui, remplir une autre mission : rencontrer des élus de Palerme. Il leur propose les services des Catalans ajoutant que leur roi Pere II pourrait «haver en cap e defensador, govern e rei», être votre chef, défenseur, tête du gouvernement et roi.

Aussi, ne soyez pas étonné si, un peu plus tard, deux galères siciliennes de Palerme et de Messine, arrivent à Al-Coll pour rencontrer le roi. Les représentants des villes demandent à Pere II de venir les libérer de l’oppression exercée par le roi Charles I° ; et ils remettent au roi catalan plus de cent lettres de cités siciliennes, de bourgeois et de nobles implorant son aide. Les Siciliens terminent leur discours par ces mots : «car il n’est pas au monde de plus cruelles gens que ne le sont les Français là où ils ont le pouvoir ». Le roi touché par leur malheur, les fait lever et leur répond : «Barons, soyez les bienvenus. Il est vrai que ce royaume revient à la reine notre épouse, et ensuite à nos enfants. Nous sommes bien fâchés de vos tribulations : nous avons entendu ce que vous étiez chargés de nous dire, et tout ce que nous pourrons faire en votre faveur, nous le ferons ».

Pour l’instant, le roi ne peut encore rien décider : il faut attendre le verdict du pape. Enfin, voilà Guillem de Castellnou ; il est de retour de Rome ; son visage reflète les résultats de la négociation. La sagesse, l’intelligence et la culture de Guillem n’ont pas suffi à convaincre Martin IV qui s’est montré intraitable. Le roi n’obtient rien : «ni argent, ni croisade, ni rien du tout…» Et Guillem répète au roi ce qu’il a répliqué au pape : «Saint Père, je m’en retourne avec la cruelle réponse que vous me faites. Plaise à Dieu que si cette réponse attire les malheurs sur la chrétienté, cela retombe sur votre âme et sur l’âme de tous ceux qui vous ont conseillé et vous conseillent cette réponse ! »

Quel était le dilemme du roi en quittant les terres catalanes ? Soit fonder un royaume chrétien en Afrique du nord, soit conquérir la Sicile. Ce sera donc la Sicile.

A suivre lundi prochain...

Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 6 novembre 2006

Ecoutons Ramon Muntaner nous dépeindre le moment des séparations :

« Et si jamais on entendit des pleurs et des cris, ce fut au moment des adieux. Le roi, qui de tous les princes qui jamais existèrent, était bien celui qui avait le plus de force d’âme, ne put s’empêcher de pleurer. Il se leva et alla prendre congé de la reine et de ses enfants ; il leur fit mille amitiés, les signa et leur donna sa bénédiction. On lui avait préparé une lleny, petit bateau à voile et à rames, et il s’embarqua accompagné d’autant de bénédictions et d’actions de grâces que seigneur en reçut jamais. Lorsqu’il fut embarqué sur le vaisseau royal, chacun se disposa à en faire autant ; si bien qu’en deux jours tout le monde fut à bord. »

C’est l’autre chroniqueur, Bernard Desclot, qui décrit la flotte avec précision. Cent quarante vaisseaux au total : vingt tarides (gros bateaux de transport à plusieurs ponts, avec deux mâts), vingt-deux galères (se déplaçant surtout avec des rames, quoiqu’il y ait une voile), vingt-deux sageties (galères légères, rapides, faciles à la manœuvre) ; en plus, des llenys (petit bateau de transport sans pont avec voile et rame) et des naus (avec un, deux ou trois ponts et deux ou trois mâts) qui transportent les chevaux, les harnais des nobles (armures et équipements complets des hommes d’armes), la farine et l’avoine. Au total, on peut estimer que 15.000 hommes ont embarqué pour la campagne militaire.

Et c’est le départ, le 6 juin 1282, vers une destination connue seulement par le roi :

« Lorsqu’ils furent parvenus à vingt milles en mer, précise Ramon Muntaner, l’amiral alla avec une lleny armée à tous les vaisseaux, petits et grands, et remit à chaque chef un ordre scellé et cacheté du sceau du roi, clos et fermé par ledit cachet. Il ordonna à chaque patron de prendre la route du port de Maó dans l’île de Menorca, d’entrer tous dans le port et de s’y rafraîchir, et lorsqu’ils seraient sortis du port de Maó, et à la distance de dix milles en mer, d’ouvrir l’ordre, mais non pas plus tôt, sous peine de forfaiture de leur personne, après quoi ils suivraient la route que le seigneur roi leur désignait dans son ordre. On fit ce que l’amiral avait prescrit. »

Enfin, on ouvre la lettre cachetée : le lieu du débarquement ? Al-Coll (Collo), port du royaume de Constantine, en Afrique du nord. Il faut savoir que le roi de Constantine avait signé un accord secret avec Pere II, car il désirait gagner son indépendance vis-à-vis du sultan de Tunis. En cas de réussite, on dit même que le musulman pourrait se convertir à la religion chrétienne. Mais, en débarquant à Al-Coll, le souverain catalan apprend que le roi de Constantine a été tué par les armées du sultan de Tunis. Voilà que, tout à coup, les troupes de Pere II sont sur terre, non plus amie, mais ennemie. Vite, on fortifie le port et on se prépare à une attaque éventuelle.

A suivre lundi prochain...

Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 30 octobre 2006

L’élection du nouveau pape Martin IV, d’origine française, ne va rien changer au plan élaboré par Pere II, roi de Catalunya-Aragó. Le souverain catalan veut mettre sur pied une campagne militaire de grande envergure. L’organisation est colossale : préparer une flotte de plus de cent vaisseaux (galères et bateaux de transport), convaincre les grandes familles de la noblesse avec leurs chevaliers, enrôler des marins et des servants, accumuler vivres et eau douce pour les hommes et les chevaux, amasser les armes, etc. Précisons que si certaines grandes familles n’ont pas participé à l’aventure, c’est parce qu’elles assuraient la sécurité minimale en l’absence du roi. C’est un travail considérable auquel s’attache le conseil royal ; on envoie des messages signés du roi dans toutes les directions ; Pere II, en personne, parcourt tous les endroits, villes, châteaux, ports où l’on prépare l’expédition. En Rosselló, la famille noble de Castellnou, rassemble son contingent de chevaliers et de servants ; elle prépare minutieusement l’armement, épées, arbalètes, arcs et flèches, boucliers, cottes de mailles, harnais des chevaux, etc.

Vous vous en doutez, cette gigantesque activité n’échappe pas aux rois voisins ; des ambassadeurs de tous les pays, rendent visite au roi catalan pour découvrir ses intentions. Et c’est toujours la même question : « pourquoi armez-vous une flotte si importante ? » Mais, personne ne réussit à percer son secret ; son frère Jaume n’y parvient pas non plus ; même l’ambassadeur du pape n’obtient aucune réponse. Ce qui fait dire à Ramon Muntaner : «Tout l’univers avait les yeux fixés sur les ailes déployées de ce seigneur pour savoir où il abattrait son vol ». Et le roi continue, infatigable, se déplaçant lui-même ou envoyant des hommes de confiance pour stimuler les préparatifs.

Et le jour convenu, en ce début juin 1282, la flotte est rassemblée au port de Fangós, à deux pas de Tortosa ; tous ces vaisseaux de dimensions et de tonnages différents, bateaux à voile ou galères à rames, regroupés en un seul endroit, forment une masse impressionnante et procurent un sentiment de puissance aux milliers d’hommes qui piétinent d’impatience. Le roi fait dresser quelques tentes et campe sur la plage le temps de vérifier les derniers détails. Enfin, Pere II est prêt à donner le signal du départ.

A suivre lundi prochain...

Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus