Présentation

Images aléatoires

  • Sanche de Majorque
  • Taormina - Sicile
  • Anges musiciens - Elne
  • Carte du royaume de Majorque - 1276-1344
  • Traginer

Publicité

Bonjour !

Je suis l'auteur de deux livres d'histoire du pays Catalan :

Raconte-moi les Catalans : des origines à nos jours (y compris Perpignan et Barcelone). Naissance du pays catalan,  expansion, arts, organisation politique, traité des Pyrénées, époque contemporaine, etc. Deux volumes dans un coffret cartonné de format A4 (464 pages et plus de 400 photos couleurs).

Raconte-moi les rois de Mallorca : 1276-1344. Ce royaume n'a duré que 68 ans, cependant il a secondé les souverains de Barcelone pour réaliser les conquêtes de la Sicile, de la Grèce et de la Sardaigne. En architecture, ils nous ont laissé un patrimoine magnifique encore en place aujourd'hui. Deux volumes dans un coffret cartonné format A4 (444 pages et plus de 500 photos couleurs)

Pour commander votre livre cliquer ici.

 

Jean Villanove.

 

 

 

 

Le nouveau livre de Jean Villanove, un roman intitulé "La Goutte de Vie".

Dans une écriture directe et vivante, il vous offre un genre de roman où s'enchevêtrent aventure, histoire et spirualité. Vous n'en sortirez pas indemne.

Et si tout cela était vrai ?


 

« Avec Jean Villanove, lorsque l’imagination prend le pouvoir, c’est mai 68 à chaque page… Une œuvre plongée dans les mystères d’un Da Vinci Code, ressurgie de l’eau sur la baguette d’Harry Potter et replongée dans des péripéties que n’aurait pas reniées un Alexandre Dumas auquel un Jules Verne aurait rempli l’encrier. » (Michel Lloubes - L’Indépendant)

Lundi 12 mars 2007
« Demandons renforts » : signé Charles

Passé le moment de stupéfaction qui suit la nouvelle des Vêpres Siciliennes, Charles I° renforce les châteaux de la Calabre, et, à la tête de ses troupes, il met le siège devant Messine, en Sicile. Il a demandé des renforts au royaume de France ; voici la lettre de Charles envoyée à ses trésoriers pour accueillir et payer les renforts dès leur arrivée : le comte d’ Alençon et le comte d’Artois. Lettre écrite à Messine (pendant le siège) datée du 23 août 1282.
« Nous avons entandu que le prince nostre fiuz et noz neveus le conte de Lancon et le conte d’Artoys viennent à nous et cuidons que doivent amener juques a mil hommes a armes ; pourquoi nous vous mandons que, quant il seront venuz a Naple, vous doiez baillier au prince nostre filz ou a son mandement, pour soi et pour noz neveus, pour faire prest a la devant dite gent, juques a deus mile onces. Et se il a plus de gent a armes, bailliez a icelui a icele reson. Et se le prince venoit eincois sanz noz neveus et amenast meins de gent, meins li bailliez, selonc la reson devant dite… Donnée au siege de Meschine, l’an de Notre Seigneur MCCIIIIxxII, le XXIIIme jour d’aoust de la X° indicion. »

Les galères marseillaises transportant les renforts accostent à Naples le 26 août 1282. Le comte Pierre d’Alençon est le cinquième fils du roi de France, Louis IX dit Saint Louis. On équipe donc ces troupes de chevaux, d’armes et « autres choses convenables ». Comme vous le lirez dans le texte, le comte d’Alençon tombera sous les coups des almogavares.


« Demandons encore des renforts » : signé Charles

Le 21 novembre 1282, Charles I° s’adresse à Jehan de Bullas, sénéchal de Provence pour préparer : vingt galères, deux mille arbalétriers et lanciers à destination de Naples. Pour cela, le roi lui envoie 10.000 livres tournois.
« Charles, par la grace de Dieu roi de Jerusalem et de Sicile, etc., a ses améz et feiaus tresoriers Guillaume Le Noir, Ris de la Marre et Pierre Bodin, etc. Comme nous aions commandé moult expressement a notre amé et feel chevalier Johan de Bullas, notre seneschal de Prouvence, que il doive querir et trouver es parties de Prouvence vint galies bien armées et deus mile tant arbelestiers que lanciers, et leur doie paier leur solz pour certain tans, et tele maniere que nous les puissions avoir en cest terre pour noz services dedenz la moitié du mois de marz prouchienement a venir de ceste XI° indicion, et voulianz que vous, pour les gages des devant dites galies, arbelestiers et lanciers devant diz, doiez envoier par marcheanz quatre mile onces d’or, ou ce que iceles valant en tournois, au devant dit seneschal en Prouvence. »

A suivre lundi prochain...
Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 5 mars 2007
Réaction de Charles I°, roi de Naples et de Sicile,au lendemain des Vêpres Siciliennes du 31 mars
Le choc émotionnel, à la cour de Naples, est considérable. Aussitôt, Charles envoie des ordres pour fortifier les châteaux. Le 20 avril 1282, un mandement circulaire donne ordre à chaque seigneur du royaume, « sous peine de mort et de confiscation des biens », de nommer dans tous les châteaux des commandants fidèles et compétents ; et en premier lieu, il désigne ceux du littoral. Il convient rapidement de mettre les châteaux en état de résister à des sièges ; on amène armes, munitions, vivres (huile, blé, vin, légumes, viandes salées, etc.) C’est d’autant plus urgent que dans la majorité des provinces, la révolte gronde, révolte fomentée par les « proditores », adversaires irréductibles de la dynastie française. Dès l’automne 1282, au sud, les Abruzzes se soulèvent sous la bannière de Conrad d’Antioche ; il avait été le conseiller du jeune Conradí, exécuté en 1268 sur ordre de Charles I°. Ce Conrad conduit une nouvelle attaque contre Charles I° en 1283 et 1284. De son côté, Charles est bien informé ; il a sous la main la liste des « traîtres », qui comme Conrad, parcourent la Calabre, vont de château en château pour retourner les quelques seigneurs qui lui restent favorables. Rien n’y fait. Le juge Fulco, en mai 1283, favorise le débarquement des galères catalanes sur les rivages d’Amantea et s’efforce, avec tous les siens, de soulever le pays. Bref, pour Charles, les révoltés « pullulent » ! Dès la fin 1283, presque toute la Calabre est aux mains des Catalans.

Un butin fabuleux !

Ramon Muntaner, savoureux et inégalable, nous décrit le butin amassé par les almogavares à Reggio, le 26 septembre 1282 :
« En attendant, les almogavares et servants s’embarquèrent sur les nombreuses barques et galères venues de Messine, de manière qu’en un seul voyage, ils les amenèrent tous, et avec une telle quantité d’or et d’argent aussi bien que de vaisselle, de ceintures, d’épées, de florins et autres monnaies d’or et d’argent, d’étoffes, de chevaux, de mulets, de palefrois, de harnais, de tentes, d’habillements, de couvertures de lit que ce serait un travail sans fin de les compter. Que vous dirai-je ? On peut bien assurer que jamais chevauchée ne produisit une telle quantité d’or, d’argent ou d’effets. Qu’irai-je vous conter encore sur cette expédition ? Le plus mince homme qui y fut gagna sans fin et sans mesure; et il y paraissait bien à Messine, car les florins s’y dépensaient plus facilement qu’on ne faisait auparavant les plus petites monnaies. Aussi les gens de Messine y devinrent si riches qu’on n’y a plus jamais vu depuis aucun pauvre. »

A suivre lundi prochain...
Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 26 février 2007
La mission du vicomte de Castellnou

Convaincu que son meilleur ambassadeur était Guillem de Castellnou, Pere II s’adresse à lui : « Voilà ce que vous, Guillem de Castellnou, vous direz au pape et à son assemblée; retenez bien mes paroles.
- Saint-Père, monseigneur En Pere, roi de la Couronne de Catalunya-Aragó, vous fait savoir qu’il est en Barbarie, en un lieu nommé Al-Coll, et qu’il pense qu’il peut se rendre maître de toute la Barbarie. Si vous voulez bien, Saint-Père, le seconder au moyen de votre argent et de vos indulgences, il s’écoulera peu de temps avant qu’il ait accompli en grande partie ce dessein; et je vous dis qu’avant trois mois il sera maître de la ville de Bône, dont saint Augustin fut évêque, et ensuite de la ville de Giger. A l’aide de ces deux villes, situées sur la côte près d’Al-Coll, l’une au levant et l’autre au couchant, il ne tardera pas, aussitôt après les avoir conquises, à s’emparer de toutes celles qui se trouvent le long de la côte. Et le pays de Barbarie est tel, que qui est maître des côtes, est maître de la Barbarie entière ; et ces gens-là sont tels que quand ils se verront serrés de si près, la plupart se feront chrétiens. Saint-Père, le seigneur roi vous requiert donc, au nom de Dieu, de lui rendre ce seul service, et dans peu de temps, s’il plaît à Dieu, les revenus de la Sainte Eglise s’élèveront plus haut qu’ils ne se sont jamais élevés. Et vous voyez déjà à quel point le roi son père a fait croître lesdits revenus de la Sainte Eglise sans qu’il ait eu en cela aucun secours de personne. Voilà, Saint-Père, ce qu’il demande et requiert, et il vous prie de ne point tarder ». Et Pere II conclut : « Je vous ordonne donc de remplir cette mission le plus habilement possible. »
Ce à quoi Guillem de Castellnou répond : «Seigneur, j’ai bien compris ce que vous m’avez ordonné de dire et de faire, et, avec l’aide de Dieu, je m’en acquitterai de manière à ce que vous en soyez satisfait et m’accordiez votre bénédiction et vos grâces. Je prie Dieu de vous soutenir, de vous garder de tout mal et de vous accorder victoire sur tous vos ennemis. »

Des îles stratégiques

Avant l’arrivée des Catalans, les îles de Malte, Gozzo et Pantelleria font partie du domaine de Charles I°. Pantelleria commande le passage entre les deux bassins de la Méditerranée ; un chef musulman la gouverne au nom du roi Charles et il lève un tribut sur la population musulmane. Ces îles relais sont prises par les Catalans. Dès 1282, Malte et Gozzo prêtent serment de fidélité à Pere II el Gran. Charles I° tente bien de reprendre les îles en1283, mais Roger de Lloria anéantit la tentative.

A suivre lundi prochain...
Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 19 février 2007
Pere II se dépense sans compter !

Ecoutons Ramon Muntaner

« Le roi d’Aragó parcourut toutes ses côtes pour inspecter les travaux. Il ordonna à Saragossa, Tortosa, Barcelona et València, de faire du biscuit ; et il fit venir à Tortosa une grande quantité d’avoine et de froment, et il en fit tellement venir que Tortosa ne pouvait le contenir, et qu’on fut obligé de construire des baraques en bois pour l’y déposer. En même temps, il écrivit à tous les riches hommes de son royaume qu’il voulait qu’ils viennent avec lui dans cette expédition, et qu’ils se préparent à le suivre avec tant de cavaliers, tant d’arbalétriers et tant de piétons ; et à chacun, il faisait parvenir, soit dans leurs terres, soit là où ils voulaient, tout l’argent dont ils avaient besoin. Il ordonna que personne n’ait à s’occuper de s’approvisionner de viande, de vin, ni d’orge, parce qu’il aurait soin d’avoir tout ce qui était nécessaire pour le voyage. Le roi faisait cela, afin qu’ils n’aient à s’occuper chacun que du harnais de leur personne et qu’ils arrivent bien armés et équipés.
La chose alla ainsi, car on ne vit jamais jusqu’ici aucun voyage de mer aussi bien approvisionné de harnais de corps, de chevaux, d’arbalétriers, et de gens de pied, et de marins, que le fut celui-ci. Les ordres furent si bien donnés qu’il s’y trouva vingt mille almogavares, tous de la frontière, et huit mille arbalétriers des pays d’en haut. Le roi voulut avoir auprès de lui mille chevaliers, tous de haut parage, un grand nombre d’arbalétriers de Tortosa, d’Aragó et de Catalunya, et de servants. Que vous dirai-je ? L’armement était si considérable que tous les rois et seigneurs du monde, soit chrétiens, soit sarrasins, qui avaient des possessions maritimes, se tenaient sur leurs gardes et craignaient beaucoup pour leur pays; car nul homme né, vivant au monde n’était instruit de ses projets. »

Et le royaume de Mallorca ?

Ramon Muntaner raconte ce qu’il se passe à Cotlliure : « A Cotlliure, les forgerons ne faisaient que des ancres, et tout ce qu’il y avait de charrons en Rosselló était venu à Cotlliure où ils construisent des nefs, des llenys, des barques et des galères ».

A suivre lundi prochain...
Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 12 février 2007
Alors, qui est Béatrice ? Il faut remonter en 1266, lorsque le comte Charles voulait s’emparer de Naples et de la Sicile, vous vous souvenez que le roi Manfred avait été tué dans la bataille ; ce même jour, sa fille Béatrice, avait été faite prisonnière. Depuis cette date donc, elle était détenue dans le château de Castellamare, proche de Naples. En ces premiers jours de juin 1284, Béatrice est donc libre; elle retourne en Sicile et retrouve sa sœur Constança, après dix-huit ans de détention ! Et comme l’écrit tendrement Ramon Montaner, «toutes deux, main dans la main, elles montent au palais de Messine, où on leur fait de grandes réjouissances.»
Puis, Roger de Lloria envoie une galère à Barcelona pour demander à Pere el Gran quel sort il fallait réserver au prince Charles et aux nobles français prisonniers. J’anticipe un peu en vous disant que le prince sera retenu en prison au château de Siurana en Catalunya ; il sera libéré en 1288.
Cependant, la Méditerranée continue d’être un enjeu âprement disputé et Roger de Lloria s’empare de l’île de Djerba encore aux mains des musulmans.
Ainsi peu à peu, bataille après bataille, le roi Charles I° perd son patrimoine ; les comtes, vicomtes et chevaliers français qui, à ses côtés, espéraient faire fortune, l’abandonnent et s’en retournent dans leurs terres du royaume de France. Quant aux villes du sud de Naples, elles ont pris le parti du roi catalan. De plus, son fils héritier est retenu prisonnier. Envolé son rêve de bâtir un empire en orient. Désespéré, Charles I° s’effondre ; il meurt à Foggio, le 7 janvier 1285, à l’âge de cinquante-neuf ans.

A suivre lundi prochain...
Par Jean - Publié dans : Raconte-moi les Rois de Mallorca
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus