L'ambition des Catalans en 1282 (partie 8)

Publié le par Jean

Cependant le pape, poussé par le camp français, devient menaçant ; il n’a pas d’armée, mais son pouvoir est immense. Il avait excommunié le roi le 9 novembre 1282 ; le 21 mars 1283, il met sa menace à exécution et il annonce sa sentence : le roi Pere II, en tant que roi excommunié, ne peut plus régner ; la Couronne de Catalunya-Aragó est désormais disponible et sera attribuée à celui qui voudra la conquérir. Pour le pape, Pere el Gran n’est plus roi : ni de Sicile, ni de Catalunya-Aragó, ni de València. Qui se sentira assez fort pour le faire ?

Tout cela n’empêche pas les troupes catalanes de remporter une autre victoire à Salerne, le 6 avril. Autre bonne nouvelle pour le roi : son épouse la reine Constança et ses enfants Jaume, Frederic et Violant, qui étaient restés à Barcelona, ne vont pas tarder à le rejoindre en Sicile. Pere el Gran, quelque temps auparavant, avait demandé à Ramon Marquet et Berenguer Mayol d’armer plusieurs vaisseaux et galères, de quitter la Sicile, d’aller à Barcelona, afin d’amener la reine Constança et ses enfants. Seul Alfons, primogènit, l’héritier aîné, resterait à Barcelona. Constança et ses enfants débarquent sans problème à Trapani, à la mi-avril 1283. En fait, toujours très occupé par l’affaire sicilienne, Pere el Gran ne passera que trois ou quatre jours, en tête à tête, avec son épouse. Juste le temps de convoquer un parlement et de couronner Constança, reine de Sicile.

Le temps passe. Pere n’a désormais qu’un seul mois, le mois de mai, pour rejoindre Barcelona, rassembler cent chevaliers, préparer son voyage à Bordeaux pour le défi. Il offre le bâton d’amiral, des armées sur terre et sur mer, à Roger de Lloria : la carrière de ce militaire sera éblouissante !

A suivre lundi prochain...

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