L'ambition des Catalans en 1282 (partie 15)

Publié le par Jean

Pendant ce temps en Sicile…
Après avoir inauguré son bâton d’amiral à Malte et à Gozo, Roger de Lloria va lancer une ambitieuse expédition. Au mois de mai 1284, la reine Constança, toujours à Messine, apprend que Charles I° organise une nouvelle armée pour reprendre la Sicile. Le danger ne peut pas venir du sud de la Calabre qui reste pro-catalane. La reine ordonne de préparer une armée et une flotte. Avant le départ pour l’expédition de Naples, alors que l’escadre catalane de trente-quatre galères est prête, la reine Constança s’avance sur la plage et s’adresse à Roger de Lloria entouré de ses capitaines de galères. Le chroniqueur Bernat Desclot rapporte ses paroles :
«Ami Roger, tu sais bien que je t’ai nourri quand tu étais petit, que mon Seigneur le roi d’Aragó t’a nourri et t’a beaucoup aimé ; il t’a fait beaucoup de bien, t’a grandement honoré et t’a fait amiral de son armée car il a en toi une grande confiance et il sait que tu es loyal, vaillant et vertueux. Maintenant, il faut que tu le sois car moi, mes enfants et tous mes gens sommes sous la protection de Dieu et sous la tienne.»
La revue des forces catalanes se déroule autour de la petite île de Stromboli, au nord de la Sicile. Puis, la flotte catalano-sicilienne se dirige vers Capri, où elle fait une halte. Là, juste en face, c’est le port de Naples où s’entassent les galères du roi Charles I°. La flotte est commandée par son fils de trente ans, le prince Charles, surnommé Charles le Boiteux.
Alors, Roger de Lloria, réunit ses capitaines de galères, leur expose son plan. Si les chroniqueurs ne sont pas d’accord sur les effectifs de chaque camp (nombre de galères et d’hommes en armes), ils reconnaissent tous le génie tactique de Roger. Ce 5 juin 1284, la flotte française est battue, de nombreux bateaux sont pris, et surtout le prince est fait prisonnier avec d’autres nobles de haut rang. Naples est à deux pas maintenant. Que faire de Charles? Les Siciliens veulent l’exécuter pour venger la mort de Manfred et de Conradí. Mais Roger de Lloria propose un autre marché : la vie du prince en échange de la libération de Béatrice, détenue par le camp français.

A suivre lundi prochain...
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