L'ambition des Catalans en 1282 (partie 18)

Publié le par Jean

La mission du vicomte de Castellnou

Convaincu que son meilleur ambassadeur était Guillem de Castellnou, Pere II s’adresse à lui : « Voilà ce que vous, Guillem de Castellnou, vous direz au pape et à son assemblée; retenez bien mes paroles.
- Saint-Père, monseigneur En Pere, roi de la Couronne de Catalunya-Aragó, vous fait savoir qu’il est en Barbarie, en un lieu nommé Al-Coll, et qu’il pense qu’il peut se rendre maître de toute la Barbarie. Si vous voulez bien, Saint-Père, le seconder au moyen de votre argent et de vos indulgences, il s’écoulera peu de temps avant qu’il ait accompli en grande partie ce dessein; et je vous dis qu’avant trois mois il sera maître de la ville de Bône, dont saint Augustin fut évêque, et ensuite de la ville de Giger. A l’aide de ces deux villes, situées sur la côte près d’Al-Coll, l’une au levant et l’autre au couchant, il ne tardera pas, aussitôt après les avoir conquises, à s’emparer de toutes celles qui se trouvent le long de la côte. Et le pays de Barbarie est tel, que qui est maître des côtes, est maître de la Barbarie entière ; et ces gens-là sont tels que quand ils se verront serrés de si près, la plupart se feront chrétiens. Saint-Père, le seigneur roi vous requiert donc, au nom de Dieu, de lui rendre ce seul service, et dans peu de temps, s’il plaît à Dieu, les revenus de la Sainte Eglise s’élèveront plus haut qu’ils ne se sont jamais élevés. Et vous voyez déjà à quel point le roi son père a fait croître lesdits revenus de la Sainte Eglise sans qu’il ait eu en cela aucun secours de personne. Voilà, Saint-Père, ce qu’il demande et requiert, et il vous prie de ne point tarder ». Et Pere II conclut : « Je vous ordonne donc de remplir cette mission le plus habilement possible. »
Ce à quoi Guillem de Castellnou répond : «Seigneur, j’ai bien compris ce que vous m’avez ordonné de dire et de faire, et, avec l’aide de Dieu, je m’en acquitterai de manière à ce que vous en soyez satisfait et m’accordiez votre bénédiction et vos grâces. Je prie Dieu de vous soutenir, de vous garder de tout mal et de vous accorder victoire sur tous vos ennemis. »

Des îles stratégiques

Avant l’arrivée des Catalans, les îles de Malte, Gozzo et Pantelleria font partie du domaine de Charles I°. Pantelleria commande le passage entre les deux bassins de la Méditerranée ; un chef musulman la gouverne au nom du roi Charles et il lève un tribut sur la population musulmane. Ces îles relais sont prises par les Catalans. Dès 1282, Malte et Gozzo prêtent serment de fidélité à Pere II el Gran. Charles I° tente bien de reprendre les îles en1283, mais Roger de Lloria anéantit la tentative.

A suivre lundi prochain...
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