Présentation

Images aléatoires

Bonjour !

Je suis l'auteur de deux livres d'histoire du pays Catalan :

Raconte-moi les Catalans : des origines à nos jours (y compris Perpignan et Barcelone). Naissance du pays catalan,  expansion, arts, organisation politique, traité des Pyrénées, époque contemporaine, etc. Deux volumes dans un coffret cartonné de format A4 (464 pages et plus de 400 photos couleurs).

Raconte-moi les rois de Mallorca : 1276-1344. Ce royaume n'a duré que 68 ans, cependant il a secondé les souverains de Barcelone pour réaliser les conquêtes de la Sicile, de la Grèce et de la Sardaigne. En architecture, ils nous ont laissé un patrimoine magnifique encore en place aujourd'hui. Deux volumes dans un coffret cartonné format A4 (444 pages et plus de 500 photos couleurs)

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Jean Villanove.

 

 

 

 

Le nouveau livre de Jean Villanove, un roman intitulé "La Goutte de Vie".

Dans une écriture directe et vivante, il vous offre un genre de roman où s'enchevêtrent aventure, histoire et spirualité. Vous n'en sortirez pas indemne.

Et si tout cela était vrai ?


 

« Avec Jean Villanove, lorsque l’imagination prend le pouvoir, c’est mai 68 à chaque page… Une œuvre plongée dans les mystères d’un Da Vinci Code, ressurgie de l’eau sur la baguette d’Harry Potter et replongée dans des péripéties que n’aurait pas reniées un Alexandre Dumas auquel un Jules Verne aurait rempli l’encrier. » (Michel Lloubes - L’Indépendant)

Lundi 16 avril 2007
Quels sont ces hommes qui ont fait notre histoire?
Le moment est venu de vous présenter quelques-uns de nos ancêtres qui ont changé les rapports en Méditerranée, car, croyez-moi, le fait que les Catalans soient en Sicile a suscité un véritable et profond bouleversement. En prenant pied dans l’île, les rapports commerciaux, juridiques, culturels, militaires ont bousculé, encouragé ou provoqué les autres pays. Parmi ces familles catalanes qui ont fait notre histoire, beaucoup d’entre elles ont perdu un père, un fils, un frère, car la noblesse bataillait en première ligne.
Le choix que j’ai fait n’a pas été facile, j’aurais voulu vous présenter cent familles supplémentaires. Après le nom et l’origine de la famille, je vous indiquerai quelle a été leur carrière en Sicile, parfois en Sardaigne ou à Naples: leurs promotions, leurs possessions, leurs responsabilités, leurs descendances. Compte tenu que la Sicile est restée sous influence catalane directement ou indirectement de 1282 à 1713, il y a des vies qui méritent d’être connues. Vous trouverez donc deux listes:
- d’abord les familles qui ont participé à l’opération militaire en 1282.
- puis, dans un autre chapitre, les familles qui ont poursuivi l’investissement de l’île après 1282.
En plus des blasons que j’ai représentés, j’ai voulu situer le cadre de vie de ces seigneurs et nobles en vous présentant leurs châteaux, leurs demeures, leurs églises, ou ce qu’il en reste aujourd’hui. Lors de mes voyages en Terre Catalane, appareil de photos en main, j’ai découvert avec émotion ces endroits qui ont marqué notre histoire, tous ces lieux qui font ce que nous sommes aujourd’hui. C’est ce que je voudrais vous faire partager. Compte tenu de l’importance relative du Rosselló par rapport à la Catalunya, quelques «Catalans du nord» ont participé eux aussi à l’entreprise.
par Jean publié dans : Histoire des Catalans
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Jeudi 12 avril 2007
Les blasons… un peu d’histoire.
Dés le VI° siècle avant Jésus-Christ, les Anciens (les Grecs en particulier) utilisent des marques distinctives héréditaires; mais, elles peuvent être choisies ou modifiées au gré de chacun: il n’y a pas de règle. Au XII° siècle, les armoiries apparaissent en Europe. Pourquoi? Les chevaliers, entièrement revêtus de leur armure et de leur cotte de mailles, sont méconnaissables; au cœur de la bataille, on ne distingue plus l’ami de l’ennemi! Evidemment, le bouclier est le premier objet où l’on peut peindre les couleurs des familles; puis, c’est la bannière qui sert de support. Les armoiries deviennent héréditaires; parfois, lors de mariage, on appose côte à côte les blasons de chacune des deux familles ; parfois on n’en conserve qu’un seul. Bref, les armoiries obéissent à des règles strictes. Un peu plus tard, après la noblesse, ce sera la classe non combattante, la bourgeoisie, qui aura droit à des écussons avec un sceau; puis, ce sera le tour des épouses des nobles, des évêques, des villes, des corporations, des abbayes et même des paysans.
En 1790, lors de la Révolution, la Constituante interdit les armoiries qui,selon elle, sont un signe de féodalité et d’obscurantisme.

Le blason? un outil très utile.
Oui, car il permet de suivre le parcours des familles. Ainsi lors de l’expédition militaire de Pere II en Sicile, nous pouvons découvrir celles qui sont restées en Sicile après la conquête. Une étude comparative des blasons catalans et des blasons siciliens m’a permis de compter plus de cent quatre-vingts familles, de la haute et petite noblesse catalane, qui se sont installées plus ou moins durablement en Sicile. C’est considérable! Encore faut-il ajouter les dizaines de marchands, négociants, banquiers, etc. qui n’avaient pas toujours d’armoiries. La plupart  es familles, une fois installées en Sicile, ont conservé le même blason; quelques-unes l’ont modifié.
par Jean publié dans : Histoire des Catalans
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Lundi 2 avril 2007
Le pape vient en aide à Jaume II de Mallorca. Préparer le Rosselló au passage d’une armée, même d’une armée amie, comporte des risques et exige de gros investissements. D’autant plus que Jaume II peut craindre une attaque surprise de son frère. Le roi de Mallorca lance donc une campagne de fortifications, il demande l’aide de la papauté. Le pape Martin IV lui répond:
«Vous avez craint avec raison, que l’ennemi de l’Eglise, que l’ex-roi d’Aragó, sachant votre adhésion à l’entreprise de notre très cher fils Philippe, roi de France, ne tentât l’occupation ou l’invasion de vos terres, voisines des siennes, et, voulant parer à ce danger, vous avez résolu de mettre en état de défense les villes, châteaux et autres lieux de votre royaume, articulièrement ceux des comtés de Rosselló et de Cerdanya, sur lesquels Philippe pourra s’appuyer pour pénétrer en Catalunya; et, comme une telle opération exige des frais énormes, vous avez prié le siège apostolique de vous prêter un secours des plus nécessaires en vous accordant, pour un certain temps, les décimes des revenus ecclésiastiques de vos domaines: nous vous les abandonnons, en conséquence, pour trois ans».

Ainsi, une partie des efforts financiers de Jaume II provient de ressources qui étaient, au départ, prévues pour le compte de l’Eglise.

Le discours de Roger de Lloria (juin 1284).
A ce moment, l’armée de terre et l’armée de mer reposent sur les épaules de Roger de Lloria. La bataille dans les eaux de Naples face à la flotte de Charles I°, s’annonce homérique. Bernat Desclot nous rapporte le discours prononcé par l’amiral pour encourager et motiver ses troupes:
«Barons, nous ne savons pas si le roi d’Aragó et de Sicile est en Aragó, en Catalunya ou en Navarre, mais où qu’il soit nous sommes là pour lui. Et sachez que jamais son étendard n’a été vaincu ni n’a reculé et qu’il ne le fera jamais. Cette grâce, Dieu la lui a accordée, car il a enduré beaucoup d’épreuves pour accroître la foi de Jésus-Christ. Et je vous dis cela pour que vous vous prépariez bien, car d’ici douze jours, nous aurons une grande bataille, mais avec l’aide de Dieu, nous la gagnerons. C’est pourquoi chacun doit garder un cœur ferme et fort et ne pas perdre courage. Car jamais des hommes n’ont gagné autant que nous le ferons.
Et vous devez savoir qu’à Naples, il y a trente galères équipées que le prince Charles a fait armer. Il dit aussi en venir trente de Provence avec le roi Charles I° et la commune de Pise doit lui en livrer dix, armées et équipées. Et ainsi il y aura soixante-dix galères. Mais moi, je vois nos galères si bien équipées et avec des équipages si valeureux que même devant
cent galères ennemies, nous ne devons pas reculer, mais au contraire nous devons aller attaquer partout où nous pensons qu’elles se trouvent. A ces mots, tous les gens des galères s’écrièrent à haute voix:
«Allons, allons, où qu’elles se trouvent. Avec l’aide de Dieu elles sont toutes à nous.
-       Anem! anem lla on sien! Que totes són nostres ab l’ajuda de Déu!»
par Jean publié dans : Histoire des Catalans
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Lundi 26 mars 2007
Paiement des renforts français.
Le 19 mars 1283, le jeune Charles - Charles le Boiteux - fils du roi Charles I°, demande aux trésoriers de remettre à Louis de Mons 30.000 onces d’or pour payer «au chevaliers, escuiers, serjanz, arbaletiers a cheval et a pié, qui sont en notre compaignie et que nous entendons que il doient venir pour passer au roiaume de Secile avec nous en cest prochien passage, et pour paier les chatelains et serjanz et faire garnir aucuns chatiaux … et a noz chiers cousins le conte d’Artois et le conte d’Alencon…»


Sommation adressée par Pere II à Jaume II.
«De quel côté est-il?» se demande le camp barcelonais. Le 20 juillet 1283, des ambassadeurs de Pere II rencontrent le roi de Mallorca à Perpinyà et lui demandent de prendre clairement position. Nous sommes en juillet, et déjà Jaume II est en pourparlers secrets avec le roi de France. « Que tous sachent que, en notre présence et en présence de l’écrivain dont le nom suit, et de tous ceux dont le nom suit, le treizième jour des calendes d’août, l’année du seigneur 1283, Simon de Girondella, soldat, et Ramon de Toylana, juge de la curie du seigneur roi d’Aragó, se tenant en présence de l’illustre seigneur Jaume, par la grâce de Dieu roi de Mallorca, dans le Palais de Perpinyà, ont proposé et dit au sus-dit seigneur roi de Mallorca, qu’ils avaient été envoyés à lui de la part du roi d’Aragó, avec les lettres de créance qu’ils ont remises eux-mêmes au roi de Mallorca lui-même; et eux-mêmes, exposant le mandat ou légation à eux confiés par le dit seigneur roi d’Aragó, ont dit que le seigneur roi d’Aragó notifiait au même roi de Mallorca, par leur entremise, que l’illustre roi de France en
même temps que le roi Charles, sans avoir découvert vexation ni attitude de refus de la part du seigneur roi d’Aragó lui-même, se préparait à guerroyer et à faire la guerre contre la personne, la terre et le royaume du seigneur roi d’Aragó. C’est pourquoi, les sus-dits Simon de erundella et Ramon deToylana, au nom et sous mandat du seigneur roi d’Aragó, demandaient et avertissaient le seigneur roi de Mallorca lui-même, tant en raison du devoir d’amour fraternel que du devoir provenant des conventions passées entre eux, qu’il se prépare avec toutes ses ressources à aider et à défendre le seigneur roi d’Aragó dans sa personne, sa terre et son royaume, et encore à défendre le seigneur et l’aider contre la guerre susnommée et les torts que le susnommé roi de France avec le roi Charles fait et se propose de faire contre le mentionné seigneur roi d’Aragó, sa terre et aussi son royaume. Et pour conclure, les messagers sus-indiqués demandèrent qu’il leur soit fait réponse par le dit roi de Mallorca concernant les demandes présentées plus haut par eux-mêmes.
Et le dit seigneur roi de Mallorca répondit aux dits messagers que, comme la dite affaire représentait pour lui une grande difficulté et beaucoup de danger, il préférait tenir sur ce qui vient d’être dit une délibération plus ample qu’on ne peut faire sur leprésent, et, une fois tenue cette délibération, au sujet des requêtes susmentionnées faites à lui-même par l’entremise des dits messagers, il donnera réponse au dit illustre roi d’Aragó par ses messagers particuliers.
Tout cela se produisit au jour et année ci-dessus indiqués, en présence et sous la garantie du noble Guillem de Canet, seigneur de Canet et du noble Pons de Guardia, et de Ramon, par la grâce de Dieu abbé d’Arles, et de Jaume de Monredon, vicaire du Rosselló, et du maître Ramon Torrent, écrivain public de Perpinyà; moi, qui ai écrit tout ce qui vient d’être dit, et lui
ai donné forme officielle, à la demande et à la réquisition des dits messagers de l’illustre seigneur roi d’Aragó et sur l’ordre de l’illustre seigneur roi de Mallorca sus indiqué. (Suivent les signatures)».
(Texte traduit du latin par Henri Vidal)
par Jean publié dans : Histoire des Catalans
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Lundi 19 mars 2007
Les galères marseillaises transportant les renforts accostent à Naples le 26 août 1282. Le comte Pierre d’Alençon est le cinquième fils du roi de France, Louis IX dit Saint Louis. On équipe donc ces troupes de chevaux, d’armes et «autres chosesconvenables ». Comme vous le lirez dans le texte, le comte d’Alençon tombera sous les coups des almogavares.

«Demandons encore des renforts»: signé Charles. Le 21 novembre 1282, Charles I° s’adresse à Jehan de Bullas, sénéchal de Provence pour préparer: vingt galères, deux mille arbalétriers et lanciers à destination de Naples. Pour cela, le roi lui envoie 10.000 livres tournois.
«Charles, par la grace de Dieu roi de Jerusalem et de Sicile, etc., a ses améz et feiaus tresoriers Guillaume Le Noir, Ris de la Marre et Pierre Bodin, etc. Comme nous aions commandé moult expressement a notre amé et feel chevalier Johan de Bullas, notre seneschal de Prouvence, que il doive querir et trouver es parties de Prouvence vint galies bien armées et deus mile tant
arbelestiers que lanciers, et leur doie paier leur solz pour certain tans, et tele maniere que nous les puissions avoir en cest terre pour noz services dedenz la moitié du mois de marz prouchienement a venir de ceste XI° indicion, et voulianz que vous, pour les gages des devant dites galies, arbelestiers et lanciers devant diz, doiez envoier par marcheanz quatre mile onces d’or, ou ce que iceles valant en tournois, au devant dit seneschal en Prouvence.»

Comment la reine Constança et ses trois enfants quittent Barcelona pour la Sicile, en avril 1283.

Le texte de Ramon Muntanerest d’autant plus intéressant que Jaume II, roi de Mallorca, est à Barcelona durant cette période.
«Après cela le seigneur roi de Mallorca, les comtes, barons, prélats, chevaliers et citoyens se disposèrent à partir, mais la reine les invita à entrer dans la cathédrale, voulant obtenir, elle-même, les grâces de sainte Eulàlia et de saint Oleguer. A la sortie, le seigneur roi de Mallorca
accompagna la reine à cheval; venaient ensuite le comte d’Empúries, le vicomte de Rocabertí, Ramon Folc vicomte de Cardona, qui l’accompagnait à pied; puis, beaucoup d’autres riches-hommes de Catalunya et d’Aragó, au nombre de plus de cinquante, qui l’entouraient à pied, ainsi que les consuls de Barcelona et beaucoup d’autres citoyens; puis venait tout le peuple en foule, hommes, femmes, filles, enfants, versant des larmes et priant Dieu pour madame la reine et ses enfants, en le suppliant de les garantir de tous maux, et de les porter sains et saufs en Sicile. Que vous dirai-je? Il eût fallu avoir un cœur bien dur pour ne pas pleurer en ce moment.
Arrivé à la mer, le seigneur roi de Mallorca descendit de cheval, aida madame la reine à mettre pied à terre et la fit entrer avec les enfants dans un bel esquif appartenant à la nef que l’on avait bien garni de nattes de paille pour elle. Et quand les trois enfants qui partaient, Jaume, Frederic, Violant, se séparèrent de leur frère Alfons qui restait, vous eussiez été ému de compassion à les voir. On ne pouvait les arracher des bras les uns des autres; il fallut que le seigneur roi de Mallorca sortit de sa barque pour les séparer en pleurant lui-même. Il fit entrer les enfants dans la barque où était madame la reine; et aussitôt après les avoir déposés, il remonta dans sa barque avec le comte d’Empúries, Dalmau de Rocabertí et Ramon Folc, vicomte de Cordona, et aussitôt il donna l’ordre du départ. On commença donc à voguer, et madame la reine se tourna, se signa, bénit ses enfants, puis tout le peuple, puis tout le pays ; les mariniers firent manœuvrer les rames, et on se rendit à la grande nef, nommé la Bonne Aventure (Bona Ventura).
Tout le monde étant embarqué, En Ramon Marquet et En Berenguer Mayol vinrent au seigneur roi de Mallorca, lui baisèrent la main et lui dirent: «Seigneur, signez-nous, bénissez-nous, puis faites-vous descendre à terre, et laissez-nous partir sous la garde de Dieu.» Alors le roi de Mallorca prit en pleurant congé de madame la reine et des enfants, les signa et leur donna sa bénédiction très tendrement en pleurant, et le comte et les vicomtes en firent autant.»
par Jean publié dans : Histoire des Catalans
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